Spi Sophia en a assez de se faire piquer ses anti-moustiques

Leader des insecticides en Algérie, cette entreprise d’une centaine de salariés a fait appel à l’Ader Méditerranée pour améliorer ses produits. Parce que le pays est devenu un Eldorado des moustiques et des contrefacteurs d’insecticides…

Groupe familial algérien installé à Constantine, Spi Sophia est un industriel spécialisé dans la fabrication de produits insecticides, de détergence et d’hygiène. Créée en 1988 et dirigé par Mustapha Yalaoui, cette entreprise d’une centaine de salariés détient environ 80% du marché algérien avec une gamme d’une quinzaine de références, couvrant l’ensemble des besoins, des simples spirales anti-mouche et boules de naphtaline aux diffuseurs d’ambiance et surtout aux tablettes anti-moustique pour diffuseur électrique.

« L’entreprise est un peu victime de son succès, puisque son statut de leader a fait d’elle la principale cible des contrefacteurs qui n’hésitent pas à copier au design près les produits de la marque », explique Hocine Tandjaoui, Directeur de projet à l’Ader Méditerranée.

« Elle a donc commencé à réfléchir à une nouvelle stratégie en intégrant à la fois la question de la contrefaçon, de la qualité des produits insecticides et de la distribution ». Il faut savoir qu’en Algérie, les ménages consomment pas moins de 30 à 35 millions de bouteilles d’insecticides par an …

Un enjeu de santé publique

Cette consommation massive est au cœur d’un problème de fraude économique et d’un enjeu de santé public important : les produits contrefaits, souvent d’origine chinoise, espagnole ou turque échappent à tout contrôle. Ils utilisent soit des principes actifs en faible quantité qui sont inefficaces ou, bien plus grave, des substances toxiques qui constituent un risque pour la santé, occasionnant des crises d’asthme, des effets sur le système nerveux central voire des cancers.

Spi Sophia a donc choisi de travailler sur des biocides compatibles avec les normes européennes et les recommandations des agences sanitaires afin de conforter la réputation de ses produits et, in fine, son positionnement de leader.

« Nous avons eu une première réunion il y a environ six mois pour formaliser notre intervention : trouver des substituts efficaces avec la plus faible nuisance possible pour la santé. L’Ader s’est chargé du dossier avec un fort impératif de réactivité du côté de l’industriel. Nous sommes fiers aujourd’hui d’avoir pu présenter une première série de proposition, en septembre dernier, qui devraient aboutir sur des résultats concrets dans les mois qui viennent », se félicite Hocine Tandjaoui.

Sur le plan scientifique, le défi est plutôt intéressant : l’université de Constantine a révélé dans une étude sur la biodiversité la présence de 67 espèces de moustiques en Afrique Méditerranéenne dont 46 sont recensées en Algérie.