Vers une gestion globale des déchets de navires : l'entreprise Travaux de Pompage et d'Assainissement (TPA)

Comment s'organise la gestion des déchets des navires? Précurseur en la matière, TPA innove à Marseille avec la première déchetterie maritime mobile en France et un concept de gestion globale. La problématique du traitement des déchets maritimes est plutôt complexe.

Tout d'abord, les navires utilisent du fioul lourd comme combustible. "C'est un produit très peu raffiné, impossible d'en alimenter directement les moteurs. Il est donc filtré au moyen de séparateurs qui isolent des déchets : des eaux souillées d'hydrocarbures et de sédiments qui représentent un volume important, 2 à 3 % de la consommation des navires" détaille CHristian Ebejer, Directeur de TPA (Groupe Véolia), spécialiste marseillais de la gestion globale des déchets de navires de commerce.

Chaque année, à l'échelle de la planète, ce sont plusieurs centaines de milliers de tonnes de ces déchets qui sont, sans autre forme de procès, rejetés en mer : les lois qui protègent l'environnement sont très récentes et restent difficiles à appliquer. En Europe, "rien avant 2000", se désole Christian Ebeger. "Une première directive (2000/59/CE) prévoit que les ports doivent s'équiper pour recevoir les dépôts des navires. Elle sera transposée en droit français en 2004. Ce sera la naissance de notre métier".

Aujourd'hui, TPA revalorise pas moins de 25 000 tonnes d'eaux hydrocarburées par an dans le port de Marseille :  les sédiments (boues) sont incinérés, les eaux sont traitées et dirigées vers une station d'épuration et les hydrocarbures redeviennent combustibles. Exemplaire, mais la collecte auprès des navires est loin d'être un long fleuve tranquille. "Par principe, un certain nombre de navires refusent les dépôts. Ca leur coûte de l'argent en France parce qu'ils sont pris en charge et traités ; ça leur rapporte ailleurs : en Chine, par exemple, les eaux hydrocarburées sont rachetées pour servir à allumer les barbecues!". Pour ces navires c'est la loi du "ni vu ni connu" qui opère. Sinon, lorsqu'on décharge légalement, on le fait là où les prix sont les plus bas et sans garanties de bonne fin.

Enjeux mondiaux, contraintes locales

Alors, comment faire, A Anvers ou Rotterdam, la collecte des déchets est incluse dans les frais d'escale et le produit de la taxe est perçue auprès de l'armateur est directement reversé aux prestataire. Imparable, mais rien de tel en France pù l'on reste "cher et en retard", selon Christian Ebejer. Pour y remédier, "nous avons eu l'idée de proposer une prestation globale, incluant la récupération des eaux hydrocarburées, celles des eaux usées et des déchets solides que nous valorisons au maximum".

Les eaux d'assainissement? Jusqu'à 1 000 mètres cube par jour pour un porte-avion américain en escale. Les déchets solides? Environ 200 000 m3 par an pour le port de Marseille ... TPA propose alors, pour la première fois en France, une collecte sélective des déchets d'exploitation des navires à quai et en pied de passerelle. Grâce à un camion qui peut intervenir "H24" à l'année. TPA dispose aussi d'un bateau multiservices (le Florejar), premier du genre en France, conçu pour prendre en charge tous les types de déchets des navires.

Cette offre a permis à TPA de baisser ses prix de 30% en 5 ans, ce qui autorise une concurrence avec l'Italie. "Finalement, les choses évoluent de plus en plus vite. Au cours de cette même période, on a vu - du côté des armateurs qui jouent le jeu pour la collecte - une limitation des déchets de près de 50% comme par exemple à la SNCM qui a rationnalisé sa gestion de déchets. Pour les autres navires, on voit une progression équivalente en volume des dépôts, sous l'impulsion du port de Marseille qui nous a aidé à oeuvrer dans ce sens".

 

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Photos : TPA